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Salon du Livre 2010. Stand M44.
Éditions Plume de carotte
LTD : : Depuis des années, vous parcourez le monde à la rencontre de l'homme et de la nature... Qu'est-ce qui vous a donné l'envie d'écrire sur ce pays et de le photographier ?
CBD : C'est sans doute au départ quelques notes de musique dans les années 70, un accord de guitare, le chant d'Ali Farka Touré puis par la suite la voix de Salif Keita ? Ces deux musiciens sont comme issus de deux grandes civilisations africaines : le Songhaï et le Mandingue. Ils en vivent les valeurs avec modernité.
LTD : Vous abordez les problèmes économiques actuels en parlant des producteurs de coton qui ont du mal à rembourser leurs emprunts ? Pouvez-vous nous en dire plus sur ce sujet ?
CBD : : Le problème de la culture du coton est emblématique du malaise africain : une culture de rente qui se substitue aux cultures vivrières, une concurrence internationale déloyale (subvention des producteurs américains) qui empêche une rémunération juste du travail des paysans, l'introduction massive d'intrants qui plombe la rentabilité de cette culture et appauvrit les terres l'absence de structure de transformation qui oblige à vendre un produit brut et à racheter des produits finis. Produire de plus en plus pour gagner de moins en moins. Un vrai catalogue archi connu mais qui perdure.
LTD : Au Burkina-Faso, un pays d'Afrique limitrophe, le commerce équitable et le coton bio sont bien implantés. Est-ce que ces deux filières sont ou vont être développées au Mali ?
CBD : Je ne connais pas bien le cas du Burkina, mais je me méfie comme de la peste de mots magiques comme « commerce équitable » ou « production bio ». J'ai été à Koudougou la grande ville du coton au Burkina qui était sinistrée. Je sais aussi qu'il y a des introductions de coton OGM. Une solution, au Burkina comme au Mali, réside dans la transformation locale du coton sous forme utilisable. Un peu comme à fait Gandhi en Inde. Il existe des modèles économiques dans ce sens, mais évidemment les intérêts ne sont plus les mêmes.
LTD : Plusieurs pages du guide sont consacrées à la découverte des immenses paysages de ce pays et aux espèces sauvages qui les peuplent. Est-ce que cette biodiversité est préservée ? Quels exemples vous semblent frappants ?
CBD : Le Mali est sur le plan quantitatif un des pays les plus pauvres du monde. Les chiffres de revenus par habitant sont dérisoires. Une démographie galopante exerce une profonde pression sur l'environnement. Les villes explosent avec des conséquences, sur la santé publique, dues à la pollution. L'eau stagnante apporte les moustiques et le paludisme, l'eau non potable de nombreuses maladies dont la bilharziose dans les aménagements hydro agricoles. À mon sens, l'intérêt d'un voyage au Mali réside dans la compréhension de ces problèmes et dans l'écoute des Maliens. Aux niveaux des paysages, l'immense Mali en possède tous les types, depuis le grand Sahara jusqu'à la savane arborée et à la forêt de type guinéen, les fantastiques chutes de Gouina... et le plus grand fleuve d'Afrique de l'Ouest, le Niger, lieu d'accueil des oiseaux migrateurs. Le Mali abrite aussi dans le Gourma, environ 200 éléphants les plus septentrionales d'Afrique. Cet espace protège une biodiversité propre au Sahel.
LTD : Quel est votre plus beau souvenir ou votre plus forte émotion vécu au Mali ?
CBD : Il est bien difficile de répondre à ce genre de question car une foule de réponses envahissent ma mémoire, globalement ce sont ces nombreuses amitiés vivantes depuis toutes ces années et qui ont nourri notre vie, avec Catherine. Le tournage du film « La Genèse » à la fin des années 90 est peut-être emblématique. Nous avons passé un mois avec la fine fleur des artistes maliens et burkinabés dans le décor somptueux du Hombori tondo la plus haute montagne du Mali. Un mois en pleine nature pour réaliser un film qui ira jusqu'à la montée, tous ensemble, des marches au festival de Cannes.
270 pages. Éditions Hachette Tourisme. Collection Évasion. Septembre 2009. 14,50 €.
sont journalistes et reporters-photographes indépendants. Ils exposent leurs oeuvres, collaborent à de nombreux magazines et ont publié plus d'une vingtaine de livres dont un sur Le Mali aux Éditions Grandvaux, maison qu'ils ont fondée et dirigent ensemble.
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| mercredi 10 mars 2010 |
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