Le temps est doux

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dimanche 28 février 2010

Épisode 9 Trafic de chimpanzés

(Dans l’épisode 8, John Amerson, le directeur d’une réserve de faune sauvage africaine annonçait aux deux journalistes, Noëlla et Max, qu’un cadavre avait été retrouvé dans un champ de coton.)

- Eugénie est morte, précise Amerson d’une voix sourde. C’est elle qu’on a retrouvée avec les mains tranchées dans le champ de coton. Pauvre petite...
- Putain ! On va leur trouer la peau à ces salopards ! Je vais les découper en rondelles à la tronçonneuse et leur faire bouffer leurs couilles. Ils nous font chier !

Je n’en crois pas mes oreilles. Je viens d’arriver dans cette réserve pour faire un reportage sur la faune sauvage africaine... et je me retrouve mêlée à un meurtre ! Quant à Max Lodin, le roi de l’ordinateur bien propre sur lui, il est sur le point de tuer je ne sais qui !

- Eugénie était une si bonne mère, murmure-t-il. Que sont devenus Aimie et Popeye ? Ils venaient de naître la dernière fois que je suis venu.
- Ils ont disparu, répond Amerson.

Je dois être livide. Les histoires de mère assassinée m’ont toujours fait flipper. En plus, j’ai carrément l’impression de perdre mon temps.

- Franchement, vous auriez pu nous prévenir ! Je ne crois pas que mon journal aurait engagé des frais pour une sordide histoire criminelle ! Bon, je propose qu’on plie bagages. On n’a plus rien à foutre ici !

Je regarde Max qui ne semble pas me voir. Rien de nouveau !

- Je suis fatigué, déclare Amerson. Je n’aurais jamais dû venir dans ce pays. Je ferais mieux de m’en aller. Ce serait mieux pour tout le monde.
- John... On a tous nos moments de découragement, mais c'est pas une raison pour abandonner ! Je me suis renseigné. Si le trafic reprend, c'est qu'il est organisé sur une plus grande échelle... à un niveau international.
- On ne peut pas affirmer sans prouver
- Mais qu'est-ce que tu as, à la fin, John ?... Tout le monde sait -toi le premier-, qu'il y a un super trafic de chimpanzés dans cette réserve ! C'est pour ça que tu avais embauché des gardes !

Je viens de comprendre, et ça va très vite. On ne parle pas de cadavres humains mais de cadavres de chimpanzés. On parle de braconnage dans une réserve africaine. Ça change tout.

- Bon, moi je propose qu’on reste et qu’on change de reportage. Un chimpanzé avec les mains tranchées, ça va en jeter un max ! Henri va nous faire un pont d’or ! Je l’appelle de suite.

- C'est hors de question, tranche Amerson d'une voix forte. Tu restes assise. Vu.
- J’ai dit que j’allais appeler et je le ferai.

Je me lève tranquillement. La chaise de Max tombe sur le plancher avec un bruit mat qui résonne dans la nuit. Horrifiée, je le vois foncer droit sur moi, le poing dressé.


                            (La suite au prochain épisode, le jeudi 1er avril 2010)


Question : Est-ce Max va frapper Noëlla ?


Clôture des votes le jeudi 25 mars 2010.
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jeudi 21 janvier 2010

Épisode 8 Champ de coton macabre

(Dans l’épisode 7, Noëlla, une photographe, et Max, un journaliste arrivent en Tanzanie pour faire un reportage sur la faune sauvage africaine. John Amerson, le directeur d’une réserve, les accueille dans sa ferme. Noëlla est intriguée par Ganyka, une vieille africaine qui leur sert le dîner.)

- C'est une Nembéré, une simple paysanne, me renseigne Amerson. Mais pour moi et beaucoup de gens ici, c’est une reine ! Elle vient du village de Masa. En Afrique, on cultive le coton depuis des temps ancestraux. Les Nembéré possèdent des champs de coton dans la plaine. Une nuit, presque tous les habitants de Masa ont été tués par les Khanzi, une tribu ennemie. Ganyka a survécu. Je l'ai rencontrée sur le marché de Dodoma. Elle vendait des herbes. J'avais des problèmes d'amibes, elle m'a guéri. Elle habite dans cette cabane (il me montre une construction en bois sur la gauche). Elle soigne ceux qui viennent la voir et elle s'occupe de la ferme, des animaux... de moi.

Avec les derniers rayons du soleil, la chaleur est retombée. Des insectes volètent autour des visages. Je saisis mon Nikon et le braque sur la vieille femme. Rapide comme l'éclair, Max met sa main devant l'objectif.

- Non. Tu n'as pas le droit.

Je reste bouche bée.

- Elle a des pouvoirs, déclare Amerson. C'est une toubouaï. Si tu la photographies, elle peut les perdre.

- N’importe quoi ! dis-je
.
Je suis terriblement agacée, mais je ne sais pas par quoi. Ce qui m’agace encore plus ! John Amerson me tutoie comme si on avait gardé les chimpanzés ensemble toute notre vie. Max Lodin contemple l'horizon où se dessinent les formes sombres de la montagne.

- J'ai hâte d’y être, dit-il, rêveur.

De profil, il ressemble à une sculpture, celle du David de Michel-Ange : front haut, nez parfait. Mon pouls s’accélère malgré moi. Je me force à détourner les yeux. Amerson sort une pipe qu’il cale entre ses dents jaunes.

- Nous avons pas mal de problèmes, ces temps-ci, marmonne-t-il. Les braconniers sont revenus dans la réserve. Trois chimpanzés ont disparu. La mine sombre, il poursuit en baissant la voix. Mais il y a pire...

La phrase reste en suspens tandis qu'un cri aigu se fait entendre dans le lointain. Je frissonne, et pour la première fois, Max Lodin pose son regard sur moi.

- Tu as froid ? s’enquiert-il.

Sa voix douce, profonde, me réchauffe étrangement. Je m’apprête à lui répondre « OUI » quand Amerson achève, lugubre :

- On a retrouvé un cadavre... Il était dans un champ de coton dans la montagne, près du village des Khanzi. Il avait les deux mains tranchées.

- Il... Qui ça, « Il » ?

Amerson soutient mon regard incrédule, et celui de Max, devenu aussi sombre que la nuit qui nous enveloppe lentement.

- De qui parles-tu, John... Qui est mort ?
                                                   (La suite au prochain épisode, le samedi 27 février 2010)


Question : Est-ce le cadavre d’un chimpanzé ?


Clôture des votes le mardi 23 février 2010.
Les votes sur l'épisode 8 sont clos.

Vous êtes 27 à avoir voté
OUI : 59,26 %     NON : 40,74 %

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lundi 21 décembre 2009

Épisode 7 Bienvenue à Dar es-Salaam !

(Dans l’épisode 6 Noëlla Paule, une photographe de presse et Max, un journaliste, arrivaient à l’aéroport de Dar es-Salaam en Tanzanie où les attendait John Amerson, le directeur de la réserve africaine où ils doivent faire un reportage. Noëlla est persuadée que Max et Amerson sont intimement liés...)
DÉBUT DE L'ÉPISODE 7
- Bienvenue à Dar es-Salaam ! lance "le vieux chimp".
Un surnom que les journalistes de passage lui ont donné. Facile de deviner pourquoi : avec sa barbe, sa peau tannée, ses yeux engoncés sous un front proéminent, il ressemble trait pour trait à un chimpanzé !
- Vous avez raison, dit-il, surprenant mon regard inquisiteur, les zoologues finissent par ressembler à l'animal qu'ils étudient. Max ! Quelle joie de te revoir ! Ce type-là m’a sauvé la vie, vous saviez ça... Sacré Max ! Soyez la bienvenue dans ma brousse, Noëlla !... Les amis de Max sont mes amis !

Sur ce, "le vieux chimp" m'avait vigoureusement serré la main puis il avait étreint Max Lodin, mais d’une façon plutôt virile. Je m’étais trompée, je dois l’avouer. Si Max Lodin ne s’intéressait pas à ma petite personne, John Amerson n’y était pour rien !
Une fois dans la jeep, John nous annonça le programme pour les jours à venir :
- Ma ferme est à quatre cents kilomètres à l'ouest. Je vous laisse une nuit de repos. Ici, en Tanzanie, nous avons des lions, des rhinocéros, des éléphants, des hippopotames, et des lycaons, ce qui est assez rare ! Vous verrez, l'Afrique est belle le matin. La lumière est exceptionnelle. Vous aurez toutes les photos que vous voulez. Vous êtes contente ?
J’étais aux anges. Je me voyais déjà repartir dans moins de trois jours avec un reportage dont Henri ferait sa une en ajoutant quelques zéros à mon bulletin de salaire.


La ferme d'Amerson était située en bordure de savane. Un petit avion rouge, un Cessna Skyhawk se reposait près d'un acacia parasol.
- Je m'en sers pour les longues distances uniquement, nous indiqua-t-il. C'est un vieux tacot.
Le dîner nous attendait sur la terrasse. Une femme drapée dans un boubou orange et jaune servait en silence avec des gestes vifs. Je fus frappée par son visage à la peau fine, à peine ridée, et par ses longues mains maigres qui faisaient apparaître les aliments plutôt que de les apporter. Elle dégageait quelque chose de spécial qui retenait l'attention.
- Ce qui m'a toujours épaté, c'est la façon dont elle se tient droite, dit Max. Regardez Ganyka !... Une vraie reine.
- C’est une reine... C'est vrai ?
Mes yeux allaient du visage de la vieille femme à celui de Max. J’attendais sa réponse avec avidité. Si cette femme était une reine, je le tenais mon reportage choc !

                                                   (La suite au prochain épisode, le samedi 23 janvier 2010)


Question : Est-ce que la vieille femme, Ganyka, est une reine ?



Clôture des votes le mardi 12 janvier 2010
Les votes sur l'épisode 7 sont clos.

Vous êtes 22 à avoir voté
OUI : 45,45 %     NON : 54,55%


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samedi 12 décembre 2009

Résumé Épisodes 1 à 6

Chapitre I et Chapitre II
Résumé des Episodes 1 à 6

Noëlla Paule, une photographe de presse, est chez elle quand, par une belle matinée de juin, une jeune fille, Catherine Salvat, sonne à sa porte en lui demandant de garder un sac qu'elle reviendra chercher mardi prochain, sans faute !

Noëlla hésite puis accepte car la jeune fille -qui se présente comme lycéenne dans un établissement situé près du domicile de la photographe- a l'air totalement désemparée.

Le mardi, Catherine Salvat revient, mais cette fois-ci, elle semble terrorisée. Noëlla qui a un rendez-vous impératif tente de la calmer et lui demande de l'attendre. Quand Noëlla rentre chez elle quelques heures plus tard, la jeune fille a disparu ! Noëlla ouvre le sac qui contient un singe en peluche, des romans à l'eau de rose, et un livre scientifique sur "La Biologie des primates" édité par le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) .

Le jeudi, Noëlla lit dans la presse que le corps de d'une jeune fille, Catherine Salvat, a été retrouvé déchiqueté sur une voie ferrée. Convaincue qu'il ne s'agit ni d'un suicide, ni d'un accident, la photographe décide de mener sa propre enquête.


Elle va voir Hélène Dumont, la directrice du pensionnat où Catherine Salvat était élève. Mme Dumond lui apprend que les parents de Cathy sont morts quand elle était enfant dans un accident de voiture et que c'est sa tante, Mme , qui s'en occupait. Noëlla va voir la tante, Mme Dujardin, qui est plus ou moins folle (elle élève des araignées) et accuse sa nièce, Cathy, d'être une "fille méchante" qui ne pense qu'au "pognon" !

Nöella est forcée d' interrompre ses investigations car le rédacteur en chef du magazine "Nature Sauvage" l'envoie en Tanzanie pour un reportage sur une réserve africaine. Elle est accompagnée d'un journaliste, un homme au regard d'un bleu électrique qu'elle trouve plutôt séduisant, Maxime Lodin, dit Max Lodin. Mais à priori, le journaliste s'intéresse davantage aux hommes qu'aux femmes !

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dimanche 8 novembre 2009

Épisode 6 Une Nature sauvage

(Dans l’épisode 5, nous avions laissé la photographe Noëlla dans l’avion à destination de Dar es-Saalam en compagnie de Max Lodin, un journaliste. Noëlla est mécontente car le journaliste ne s'intéresse pas à elle alors que son rédacteur en chef, Henri Pradal, l'avait appâtée, pour ce reportage, avec la compagnie d'un homme charmant ...)

DÉBUT DE L'ÉPISODE 6


Henri Pradal, rédacteur en chef de Nature Sauvage, un magazine spécialisé dans les grands reportages sur la nature sauvage, ne plaisait pas à tout le monde. À sa décharge, on pouvait mettre qu'il était sous les ordres d'un directeur de la rédaction caractériel, obsédé par le dépassement de la barre des deux millions d'exemplaires vendus, et par la concurrence que représentaient à ses yeux tous les autres mensuels consacrés à la nature !

Après m'avoir appâtée avec le dénommé Max Lodin et trois jours de prétendues vacances en Tanzanie, Henri m’avait finalement avoué que le reportage ne serait pas de tout repos. "John Amerson, le type qui s'occupe de la réserve, a la réputation d'un misanthrope doublé d'un paranoïaque."

J'avais entendu parler d'Amerson par des journalistes qu'il avait reçus à reculons. Cette fois-ci, ce serait différent puisque (toujours d'après Henri), Max Lodin était un ami à lui.

- Nature Sauvage  lance une souscription pour la protection mondiale des espèces animales en danger. Pour chaque numéro acheté, un euro sera reversé à une association de protection de la nature. Cette année, c'est le  WWF ! On a passé un partenariat avec eux ! La nature est belle, merveilleuse, exotique ! Elle nous fait rêver, il faut la protéger ! Cette putain de réserve africaine est bourrée d'animaux sauvages exotiques ! Alors tu me les photographies sous les dents ! Je veux voir leurs amygdales, vu ! Pour la une, je verrais bien un rhinocéros noir avec des cornes coupées à ras ou un vieux chimpanzé avec une expression humaine, triste à faire pleurer. Tu vois ce que je veux dire... Si on se démerde bien sur ce coup-là, on va cartonner à plus deux millions d'exemplaires !


Moi, j’aimais bien Henri pour des raisons strictement personnelles. D'abord nous nous étions connus sur les bancs de l'école et nous avions eu notre Bac la même année ; c'était un ami de longue date, en quelque sorte. Le seul qui me restait. Ensuite nous apprécions tous deux les alcools forts, moi le Mojito largement dosé en rhum... et lui le whisky single malt sans glace. Ça crée des liens.


L’avion qui s’était redressé ronronnait gentiment. Coulant un regard en coin, je constatai que Max Lodin avait récupéré son Macbook intact ! En transe devant l'écran, il continuait de m’ignorer totalement. Soit il n’aimait pas les femmes car il avait trop souffert ! Soit c'était une petite nature, un peu trop sauvage pour moi !... soit il préférait les hommes !

Quand l'avion se posa sur la piste et que je vis John Amerson nous attendant avec un grand sourire, debout derrière la barrière des douanes, je me suis dit que ma deuxième hypothèse devait être la bonne. Henri aurait juste dû me préciser : Max Lodin est le « petit ami » de John Amerson. Mais ça, il s'était bien gardé de le faire !


            (La suite au prochain épisode, le mardi 15 décembre 2009)


Question : Est-ce que le journaliste, Max Lodin, est gay ?



Clôture des votes le mardi 8 décembre 2009

Vous êtes 30 à avoir voté
OUI : 46,67 %     NON : 53,33%

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mardi 22 septembre 2009

Épisode 5 Un Lion en cage

DÉBUT DE L'ÉPISODE 5


Falco observe le paysage d'un oeil morne.
- Alors, mon vieux ! Comment ça va aujourd'hui ?
Pierre, l’animalier, dépose un quartier de viande dans une large cuvette. À son approche, le lion ne bouge pas.
- Laisse tomber ! C'est un vieux schizo !
Debout dans l'allée principale, Maurice, un autre animalier, dévisage Pierre.
- Qu'est-ce que t’espères au juste ?... Depuis l’temps que je fais c' métier, j'ai jamais vu un lion qui rugit pas. Même pas une fois !
- C'est parce qu'il est malheureux, décrète Pierre d'une voix sourde.
- C' te bonne blague! Tu serais heureux, toi, à sa place ? Ce lion vit ici comme dans une cage... J'oubliais... Hugo t'attend dans le bureau.
- Je sais. J’y vais.
Maurice s’éloigne tandis que Pierre finit de nettoyer la cage. Dix minutes plus tard, sa silhouette dégingandée surmontée d'une tignasse aux mèches blondes, hirsutes, s'agite au rythme d’une démarche saccadée. Il pénètre brusquement dans le bureau. Hugo Westlake, l'animalier en chef, et Annie Siniac, l'un des trois vétérinaires rattachés au zoo renversent leurs cafés.
- Tu voulais me voir ? lance Pierre.
Son regard bleu est fixé sur Hugo, plongé dans la contemplation de sa tasse.
- Oui. Je t'attendais... enfin, nous t'attendions, dit-il en redressant la tête. Assieds-toi.
- Il s'agit de l'enterrement de Cathy... Avec l’équipe, nous avions pensé...
Pierre s'est raidi, livide.
- ... Avec l'équipe, nous avions pensé envoyer des fleurs à la famille mais personne ne connaît l’adresse de Cathy. On s'est dit que toi...
- On n'enterre pas de la bouillie ! Y aura pas d'enterrement puisque c'est ce qu'ils ont retrouvé, de la bouillie !
- Pierre, s'il te plaît...
Annie a posé sa main sur son bras, mais il se lève, projetant le fauteuil à terre.
- Laisse-moi ! De toute façon, elle avait pas de famille ! Elle avait personne ! Que moi !
- Pourquoi tu prendrais pas quelques jours de congés ? suggère Hugo. Je peux faire appel à Verdier pour un remplaçant.
- Foutez-moi la paix !
La porte claque dans son dos. Annie se mord les lèvres.
- Tu devrais être plus diplomate. Pierre n'est pas un homme comme les autres. C'est sûrement pour ça que Cathy et lui s'entendait... Elle aussi, elle avait quelque chose de spécial. Pauvre gosse... Tu n’as rien remarqué, ces jours-ci ? Les babouins la cherchent là où elle se mettait habituellement (elle regarde sa tasse vide). Pour Verdier, tu pourrais aussi lui demander l’adresse... Remarque, je sais pas... Cathy avait mal encaissé l'annonce de son mariage. Si c'est pour ça qu'elle s'est suicidée...
- Verdier, il déconne salement ! lâche Hugo.
L'animalier en chef et la vétérinaire restent quelques secondes sans parler puis il ajoute d'une voix neutre :
- Je le vois tout à l'heure. J'aviserai selon l'ambiance...


                                                  ***


"Les passagers à destination de Dar es-Salaam sont priés de se présenter à la porte d'embarquement numéro 6".
- C'est pour nous, annonce Noëlla en se tournant vers son voisin. Allons-y.
Joignant le geste à la parole, elle soulève un sac de voyage. Il fait un geste pour l’aider.
- Merci.
- De rien. J’ai l’habitude.
Il soulève le sac comme si c’était une plume et avance. Elle le suit du regard, tout comme une mère de famille ahanant derrière un chariot où s'entassent trois marmots et cinq valises. Avec ses cheveux noirs, son teint hâlé et ses yeux d’un bleu foncé presque violet, c'est le genre de mec qui attire l'oeil, songe-t-elle. Une veste en lin beige souligne la carrure de ses épaules. Il a du goût... et un cul superbe, moulé dans un jean délavé, apprécie-t-elle.
Noëlla presse le pas pour le rattraper.
- C'est drôle, Henri ne m'avait jamais parlé de toi.
- Ça fait un an que je bosse pour lui.
- Max Lodin, c'est ton vrai nom ?
- Mon vrai nom, c’est Maxime Lodin.
Nous étions arrivés devant la porte d’embarquement. Au bout du sas, un gros ventru attendait qu'on le gave de chair fraîche.
Dix heures d'avion, ça laisse du temps libre. Je ferme les yeux et tente de m'endormir. Mais le visage de Catherine Salvat m'apparaît aussitôt. Sur le siège voisin, Max Lodin pianote sur son MacBook.
- Tu prépares toujours tes interviews avec autant de soin ?
Il darde sur moi son regard violet, électrique puis replonge dans son écran sans me répondre.

« Tu verras, c'est un pro, et en plus, il est super canon ! » m’avait annoncé Henri au téléphone, hier soir. « Tous les deux, vous devriez être branchés sur le 220... C'est un dingue des bêtes ! »

En tout cas, c'est sûrement pas un dingue des femmes, me suis-je dit, dépitée. C’est alors qu’une détonation a retenti.  L’ordinateur de Max est tombé violemment sur le sol. La seconde suivante, le Boeing tanguait comme un bateau.


            (La suite au prochain épisode, le dimanche 8 Novembre 2009)


Question : Est-ce que le Boeing va s’écraser ?


Clôture des votes le vendredi 30 octobre 2009..

Vous êtes 32 à avoir voté
OUI : 46 %     NON : 54 %


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vendredi 4 septembre 2009

Épisode 4 Une Araignée au plafond

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DÉBUT DE L'ÉPISODE 4

Debout sur le bitume mou de chaleur, j’ai appelé Henri.
- Pas de bol, ma chérie, m'a renseigné Farida, sa secrétaire. Il est en conférence chez les pontes au dernier étage. Je te préviens, il en a pour un moment.
J'ai laissé un message comme quoi le déjeuner était annulé. La directrice m'avait coupé l'appétit en me racontant la vie de cette gamine. Ses meilleurs amis étaient un singe... en peluche ! Elle dormait avec tous les soirs et lui avait donné un nom : "Tintin"! Toujours d’après la directrice, ces derniers mois, elle s'était malgré tout fait une amie en chair et en os, une paumée comme elle. Une certaine Eléonore qui était fascinée au point de la copier en tout. Eléonore s'habillait et se coiffait comme Cathy. Les deux gamines ne se quittaient plus…

Je suis allée voir la tante l’après-midi. Et très vite, je me suis rendue compte que la directrice n'avait pas exagéré : Mme Pauline Dujardin n'offrait pas le spectacle d'une femme en bonne santé mentale. Elle m'avait ouvert la porte, au bout d'un certain temps. Son cou flasque, gris, était entouré d'un somptueux collier de perles fines.
- J'ai cent vingt ans, ma bonne dame, avait-elle murmuré alors que je ne lui demandais rien.
Des casseroles vides traînaient sur la moquette constellée de taches. Le ménage n'était jamais fait car c'était ici le royaume des araignées. Pendant que j’en regardais une, accrochée au plafond, la vieille avait ricané :
- C'est Élodie… C'est l'heure où elle vient me dire bonjour. J’ai pas de visites alors ça me change les idées. Tenez, voilà Mathilde.
Son doigt maigre désignait un autre arachnide, gros et velu.
- Pauvre petite Cathy, elle en avait peur… La nuit, elle poussait des hurlements. J'avais beau lui dire que c’était mes amours, elle hurlait sans arrêt pendant des heures. Croyez-moi, élever seule une enfant aussi émotive, c'est difficile ! Je suis contente qu'elle soit partie. Elle a tué Gaston, mon mari ! Je lui pardonnerai jamais.
Ses traits s'étaient durcis, ratatinant son visage en une minuscule boule sèche. Une série de photos jaunies étaient posées sur la cheminée. Son rire désagréable me tira de ma rêverie.
- J'étais une beauté mais la plus belle des deux, c'était ma soeur Élodie ! Une vraie blonde aux yeux bleus…
Dans un cadre, un homme et une femme se tenaient enlacés. La femme était effectivement très belle, avec une longue chevelure lumineuse et un regard myosotis. Une petite fille aux boucles blondes était assise sur leurs genoux, rayonnante. Tous trois respiraient le bonheur.
La vieille se frotte ses mains puis son regard se perd dans la pièce.
- De quoi on parlait ?
- De Cathy… Elle est partie quand ?
- Cathy adorait son père, un vrai con ! Il construisait des ponts chez les sauvages. Élodie le suivait comme un toutou ! Avec mon mari, on gardait la petite. Quand il revenait, son père l'emmenait au zoo. Il lui racontait que dans les pays de sauvages, les animaux sont libres et que les hommes sont des esclaves ! Quel con !
Une forte odeur d'urine, de moisi et un fumet de je ne sais quoi flotte autour de nous.
- La petite est devenue méchante. Si vous saviez... J'étais tombée dans le couloir. Elle me regardait avec ses petits yeux en me traitant de grosse vache !... et elle riait, elle riait ! Gaston l'a piquée pour me venger, mais cette mauvaise teigne, elle l'a écrasé à coups de talon. Saleté va !
Les doigts décharnés se referment sur mon bras.
- La nuit, je faisais semblant de dormir. Je la voyais chercher le pognon. Elle savait que j'avais une cagnotte ! Le pognon, elle aime ça, la petite garce !... Le pognon et le cul !... Dites donc, vous savez combien de temps vit une araignée ?
 Ses yeux s’allument comme si elle détenait un secret capable de détruire la planète.
- Cent ans ! Elles vivent cent ans !
- Ça vit quinze ans, maximum, dis-je.
Puis afin d'échapper à son haleine, je dégage mon avant-bras d'un coup sec.
- L'heure du goûter ! À quatre heures, je leur sers toujours une tasse. Elles adorent le lait tiède.
Elle trottine vers la cuisine. Profitant d'un bruit de casseroles, je me rue vers la sortie

Dans l'appartement, une porte est ouverte : j'aperçois un lit aux draps froissés, un poster... un chimpanzé qui me sourit toutes dents dehors.
Au moment où je referme sans bruit la porte d’entrée, une voix me fait sursauter.
- Vous direz à Mme Dujardin que si elle continue à brailler comme ça la nuit, j'appelle les services sociaux. Les voisins sont encore venus se plaindre à la loge !
La concierge avec son tuyau d'aspirateur dans la main s’approche de moi, et recule illico.
- Pouah !... Vous puez la mort !... Cette fois, j’appelle les flics !


            (La suite au prochain épisode, le mardi 22 septembre 2009)


Question : Est-ce que la tante, Mme Dujardin, a tué Cathy ?


Clôture des votes le jeudi 17 septembre 2009.

Vous êtes 18 à avoir voté
OUI : 44,44 %     NON : 55,56%


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mardi 11 août 2009

Épisode 3 Une curieuse photographe nature

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DÉBUT DE L'ÉPISODE 3

Je restais là, plantée sur le trottoir, me remémorant chaque regard et chaque phrase échangés avec la gamine qui avait disparu de ma vie aussi brusquement qu'elle y était entrée. Encore une fois, j'ai relu l'article dans le journal et j'ai revu son regard de bête traquée... J'imaginais le petit corps disloqué retrouvé sur la voie ferrée... Et là, tout à coup, j'ai su la vérité. C'était pourtant clair, limpide !
J'ai replié le journal en avançant d'un pas ferme. Il ne s'agissait ni d'un suicide ni d'un accident. Catherine Salvat avait été assassinée, tout simplement. J'en étais absolument certaine. Et ma décision était prise : j'allais tout faire pour le prouver.
Je savais par où commencer mon enquête : par le lycée qui se trouvait au coin de ma rue, celui où Catherine Salvat avait été élève...


                                               ***


- Ainsi donc vous étiez une amie de Catherine ?... Et donc, vous souhaiteriez présenter vos condoléances à sa famille ? Dans son bureau du Lycée Sainte-Marguerite, Mme Hélène Dumond, la directrice, me fixe.
- Et quel est votre nom, m'avez-vous dit ?
- Noëlla Paule.
- Madame Paule, vous me dites que vous connaissiez Catherine, et pourtant, vous ignorez qu'elle n'avait pas de famille. C'est pourquoi elle avait été placée dans notre pensionnat.
- En fait, j'exagère un peu... « Amie » n'est pas le mot... Nous nous étions rencontrées à la bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle. Je suis photographe naturaliste... On se croisait là-bas de temps en temps. On a fini par sympathiser.
Je lui souris et lui mens, de toutes mes dents.
Mme Dumond fait un bond.
- J'aurais dû m'en douter !
La phrase a jailli d'un bloc. Je me lève pour plier bagages lorsqu'elle se penche vers moi et clame, triomphante :
- Vous photographiez des singes !
- Euh... Oui... Effectivement... Ça m'arrive, dis-je en me rasseyant. Disons que je photographie la nature. Je photographie tout ce qui vit dans la nature sauvage plus précisément... les animaux, les paysages, les fleurs... Ça dépend des commandes que j'ai... ou que je n'ai pas !  Je suis photographe nature indépendante. Je photographie la nature pour des magazines, des livres...
La glace est rompue. La directrice me couve des yeux avec bienveillance et je lui rends son sourire.
Une photographe : ça observe et ça communique. "Déformation professionnelle oblige", comme dirait Henri, mon rédac-chef préféré.
"Ma chérie, qu'il s'agisse d'un lion dans la savane profonde ou du directeur d'un zoo, tu leur souris ! Tu souris toujours ! Le courant doit passer, sinon t'as une photo de merde !"
Henri Pradal, fin psychologue et rédacteur en chef de "Nature Sauvage", était tombé tout jeune dans la bassine de la presse à grand tirage. Depuis, il raclait le fond. Nous avions rendez-vous dans une heure, pour déjeuner.
- Je vous offre une tasse de thé... un café ? Suivez-moi, nous serons plus à l'aise en haut pour parler.


Mme Dumont occupait un logement de fonction au premier étage, au-dessus du bureau où elle m'avait reçue.  Je n'ai rien oublié des confidences qu'elle me fit ce jour-là.
- Les adolescents sont des partisans du tout ou rien. Là-dessus, Cathy était une jeune fille comme les autres. Pour le reste... Chaque fois qu'elle le pouvait, elle allait au zoo voir les singes. Elle avait une passion pour ces animaux, une véritable obsession.
La directrice secoue la tête.
- Pauvre petite... Ses parents étaient décédés dans un accident de voiture quand elle avait sept ans. C'est une tante, assez âgée et malade qui s'occupait d'elle, si on veut... Cathy restait souvent à la pension le week-end.
Arrachant une feuille à un bloc-notes, elle griffonne rapidement dessus. Je prends le papier et regarde discrètement ma montre, à cause du rendez-vous.
- Tenez, voici le nom et l'adresse de sa tante. Je vois que vous êtes pressée. Je vous raccompagne.
En traversant la cour, elle m'avait désigné un imposant marronnier, planté au centre.
- Un week-end où elle était restée, je l'avais surprise perchée sur les plus hautes branches. Elle poussait de drôles de cris et elle mangeait des feuilles. Je vous assure que j'ai bien vu, des feuilles...
La directrice avait fixé le sommet vert, troué de soleil.
- Je me suis éclipsée sur la pointe des pieds. J'avais le sentiment d'avoir violé un secret, d'avoir surpris quelque chose qui ne me regardait pas.
Elle hoche la tête.
- C'est curieux que Cathy vous ait parlé de ses amies car elle n'en avait pas (elle hésite et reprend)... Enfin, si, dans un sens, elle en avait tout de même... Mais, mon Dieu, c'était une amitié un peu particulière. Pauvre enfant, mourir alors qu'elle était en vacances... À votre place, je n'irai pas voir la tante de Cathy. Je pense que cette femme est folle et dangereuse !


             (La suite au prochain épisode, le vendredi 4 septembre 2009)


Question : Est-ce que Noëlla Paule doit aller voir la tante de Cathy ?


Clôture des votes le mardi 1er septembre 2009.

Vous êtes 37 à avoir voté
OUI : 54,05 %     NON : 45,95%

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samedi 11 juillet 2009

Épisode 2 Un Accident ou un suicide ?

Feuilleton équitable écologique interactif avec téléchargement gratuit (comme pour un e-Book) et vote à la fin de chaque épisode pour décider de la suite de l'histoire...

DÉBUT DE L'ÉPISODE 2

La jeune fille qui se nommait Catherine Salvat et qui avait sonné à ma porte en cette belle journée du 29 juin, était revenue chercher son sac le mardi, comme elle me l'avait dit. Elle avait sonné à ma porte alors que j'étais sur le point de partir.
- J'avais promis... Je viens chercher mon sac, avait-elle dit précipitamment tout en jetant de brefs coups d'oeil inquiets autour d'elle.
- Quelque chose ne va pas ?
- J'ai peur, dit-elle en plantant son regard dans le mien. Je... Je peux entrer...
J'hésitai, prise au dépourvu.
- S'il vous plaît...
Elle avait un air de chien battu, alors j'ai ouvert la porte en grand.
- Viens, entre, mais je te préviens, il faut que je parte tout de suite... J'ai un rendez-vous. Tu n'as qu'à m'attendre gentiment, et après on discutera... Tu as fait une fugue, c'est ça ?...
Assise sur le canapé du salon, elle regardait fixement droit devant elle.
- Bon, c'est pas grave... Tu m'expliqueras plus tard. D'accord ?
Elle avait opiné du chef, tel un automate.
- OK ! Je file ! Tu as du jus d'orange et du gâteau dans le frigo... Je suis là dans deux heures, maxi. À tout ! Ne t'en fais pas, on va trouver une solution. D'accord ?
Elle s'était contentée de hocher la tête une nouvelle fois sans broncher, sans me regarder.
Je voulais ajouter quelque chose, mais ça n'était pas venu. Alors j'avais refermé la porte derrière moi.
Deux heures plus tard, j'étais de retour, pile à l'heure. La porte d'entrée que j'avais laissée fermée était légèrement entrouverte.
- Catherine !... Catherine !... Tu es là ?...
Le son de ma voix sonnait étrangement vide, tout comme chaque pièce de la maison que je parcourais à toute vitesse, mue par un terrible pressentiment. Catherine Salvat avait disparu !
Je suis descendue à la cave en courant : le sac était exactement là où je l'avais rangé... Quand je l'ai vu, posé sur le sol, je me suis exclamée, furieuse :
- Merde ! C'est pas vrai !... C'est quoi cette histoire !
Puis je suis remontée dans la salle à manger. Je me suis assise à la même place qu'elle, sur le canapé, et je l'ai attendue... En vain.
Le soir, j'ai ouvert le sac et j'y ai trouvé un singe en peluche, un pyjama, une trousse de toilette et des livres. Une dizaine. Le plus intéressant, édité par le Muséum national d'Histoire naturelle s'intitulait « La Biologie des primates ». Les autres livres étaient des romans sentimentaux, le genre de trucs à l'eau de rose qui s'achètent dans les gares.
Cette nuit-là, j'ai mal dormi.


C'est le jeudi matin, en allant acheter mon journal, que j'ai compris. On parlait d'elle en quelques lignes dans la rubrique des faits-divers. Un cheminot l'avait retrouvée sur le ballast, entre Lyon et Valence en prenant son service dans la nuit de samedi à dimanche. "La jeune fille, dont le corps a été littéralement broyé, a pu être identifiée grâce à son sac à main", précisait le stagiaire qui avait rédigé la brève. On sentait qu'il débutait et qu'il s'était appliqué. "Les gendarmes de la brigade de recherches de Lyon, dépêchés sur place, ont procédé à une minutieuse fouille de terrain qui a bloqué le trafic ferroviaire durant près de trois heures. Parmi les divers objets collectés, des morceaux de papier mis bout à bout ont permis de reconstituer la majeure partie d'un billet de train établi au nom de Catherine Salvat. Ironie du sort... La carte d'identité de la victime a été retrouvée, intacte, lundi soir, par un agriculteur. Le document aurait été propulsé à presque cent mètres des rails dans son champ de maïs. Accident, suicide ? D'après les premiers éléments de l'enquête, il est encore trop tôt pour établir les circonstances exactes de la mort. En attendant le rapport d'autopsie, la rame Corail a été placée sous scellés pour étudier une éventuelle défaillance du système de verrouillage des portes. Contrairement aux autres wagons, la voiture 19 d'où serait tombée la jeune fille, ne bénéficiait pas, semble-t-il, d'un dispositif de fermeture automatique."

J'ai relu l'article au moins dix fois. Je ne connaissais pas cette fille. Tout ce que je savais, c'est qu'elle était revenue chercher son sac le mardi matin. Puis elle avait disparu. Pour toujours... Mais pourquoi... Pourquoi ?

Plantée sur le trottoir, je retournais cette idée inlassablement, avec son regard triste et déterminé ancré au fond de mon crâne.


                           (La suite au prochain épisode, mardi 11 août 2009)

Question : Catherine Salvat s'est-elle suicidée en se jetant du train ?


Clôture des votes le dimanche 9 août 2009

Nombre de votes : 44       OUI  : 43%     NON : 57%

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mardi 23 juin 2009

Épisode 1 Queen of Zen

Feuilleton équitable écologique interactif avec téléchargement gratuit (comme pour un livre) et vote à la fin de chaque épisode pour décider de la suite de l'histoire...

DÉBUT DE L'ÉPISODE 1

J'ai toujours vécu comme si la mort n'existait pas ou comme si elle allait me tomber dessus chaque matin au réveil. Au fond, quand j'y pense, ça revient exactement au même !
Cette histoire m'est arrivé, il y a trois ans. À l'époque, j'étais photographe indépendante, comme maintenant : tantôt le travail arrivait par avalanche et je devenais hystérique tellement j'étais surbookée; tantôt j'étais libre, très libre, et je tournais en rond dans mon antre en croyant entendre la sonnerie du téléphone.
Un mètre soixante-dix, brune, des yeux que les hommes qualifient de verts comme la mer quand ils se plongent dedans. Ah ! les hommes !... Ils m'ont toujours quittée pour les mêmes raisons qu'ils m'avaient aimée : mon égoïsme ! Résultat, à trente-trois ans, je suis toujours célibataire. Entièrement disponible, si vous préférez...

Je m'en souviens comme si c'était hier. Nous étions le 29 juin. Il était 10 heures. Le temps était doux. Pas un nuage dans le ciel. J'étais assise dans mon bureau et je réfléchissais. J'avais envie de faire un tour à Londres, comme ça, parce que c'est une ville qui m'a toujours plu. Je décrochais mon téléphone pour réserver une place dans le prochain avion quand la sonnette de la porte d'entrée retentit, impérative. En jetant un coup d'oeil par la fenêtre, j'ai aperçu une silhouette derrière la grille.
- Qu'est-ce que c'est ? ai-je demandé poliment du haut du perron.
- Vous pouvez me garder mon sac, s'il vous plaît ?
Je l'ai regardée, un peu interloquée. C'était une gamine qui devait avoir seize ans, maximum. Petite, mince, très blonde, des cheveux raides s'arrêtant à hauteur du menton avec une frange coupée court et des yeux bleus, directs, qui vous regardaient fixement sans ciller.
- Mais... pourquoi ? Je ne te connais pas, ai-je répondu au bout d'un instant.
- Je m'appelle Catherine Salvat. Je suis élève au lycée Sainte-Marguerite. Du doigt, elle montrait le coin de la rue.

J'avais effectivement déjà vu des groupes de jeunes gens sur le trottoir, devant des bâtiments en longueur, tout blancs, mais sans y prêter attention. Comme je ne savais plus quoi dire, je continuais de la regarder fixement, moi aussi. Dans mon métier, on observe : elle portait un jeans, un tee-shirt en coton d'un blanc naturel, presque crème, des tennis bleu marine et un petit sac à main en cuir noir clouté accroché à l'épaule. Un autre, plus volumineux, était posé par terre entre ses jambes.
- Je reviendrai le chercher mardi. Mardi matin, ajouta-t-elle sans baisser les yeux.
Nous étions samedi. J'hésitais, angoissée sans trop savoir pourquoi, en jetant de brefs coups d'oeil à la gamine qui restait immobile, les yeux rivés sur moi.
- Allez madame... No stress... Queen of zen !
Elle esquissa une sorte de grimace qui se voulait mi-drôle mi-persuasive puis ajouta :
- Je reviendrai le chercher. Vous inquiétez pas...
Son pseudo-sourire avait disparu.
- Bon d'accord, laisse-le moi. Je sens que je fais une connerie, mais bon... Tu reviens mardi... C'est sûr ?
- C'est promis. Vous êtes cool ! Merci !

J'ai pris l'anse qu'elle me tendait. Puis elle a déguerpi à toute vitesse, sans se retourner.
J'ai regardé le sac posé à mes pieds. C'était un sac long et rond, en synthétique, comme on en voit partout dans les supermarchés de sport. Il devait contenir je ne sais quoi car il était plutôt lourd, plus épais que sa propriétaire, ai-je songé machinalement.

Tandis qu'elle me regardait fixement, tout à l'heure, j'avais eu envie de lui poser des questions, d'en savoir plus mais je n'avais pas pu, à cause de son regard. Il y avait dedans quelque chose d'urgent, une détermination farouche, et j'avais cru entendre une petite voix me murmurer à l'oreille : « Aidez-moi, madame, je vous en prie ». Oui, c'est exactement ça que j'avais entendu, ce matin-là.


                         (La suite au prochain épisode, le samedi 11 juillet 2009)

Question : Catherine Salvat doit-elle revenir chercher son sac le mardi matin ?


Clôture des votes le vendredi 10 juillet 2009
Nombre de votes : 42       OUI : 58%    NON: 42%

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Auteur ?


L'auteur de ce feuilleton équitable, écologique et interactif est, Cécile Arbona (pseudo Miss-Story, auteur). Je suis la fondatrice et directrice de la marque et de l'e-boutique "Le temps est doux".

J'ai exercé pendant des années le métier de journaliste spécialisée en écologie, et je suis l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la nature, aux sciences et à la protection de l'environnement... J'ai également publié un roman policier. J'ai aussi été responsable d'une rubrique "écolo"au quotidien dans un magazine féminin : c'est dire que la mode bio éthique équitable m'intéresse !

J'aime la mode éthique et j’aime la littérature ! D'ailleurs, je ne lis pas, mais  je dévore littéralement les livres tout comme je me jette sur un panier de légumes bio pour le cuisiner avec amour ! Je lis de tout et je mange de tout, à condition que ce soit "bon" et digeste  ! J'ai un grand faible pour les pommes bio... et les romans policiers noirs, les thrillers, les romans d'aventure, les grands romans populaires écrits par les feuilletonnistes français du XIXe. Sans ma passion pour la littérature, je n'aurais pas créé les T-shirts Livres.

Mon autre très grande passion est Internet ! Je suis tombée dans le Web, il y a déjà plusieurs années, comme Obélix dans la potion magique... Je fais partie de ces gens dont Internet a changé la vie pour toujours. J'aime, j'adore Internet ! D'où la Dédicace de cet e-feuilleton aux fondateurs du WWW !

C'est ce cocktail d'amour (écologie, bio équitable, littérature, Internet) qui m'a donné l'idée et l'envie de publier ce feuilleton équitable, écologique et interactif, le premier du genre ! Je pense qu'un jour, nous téléphonerons à nos amis, lirons des livres, visionnerons des films sur des appareils de lecture nomade (l'appareil polyvalent idéal reste à inventer... le smartphone est trop petit et la tablette reader trop grande) tout comme nous lisons un livre papier ! Je pense que les livres papier resteront car ils nous sont indispensables. Je suis convaincue que notre lecture deviendra de plus en plus interactive parce que c'est ludique... et que c'est ainsi : c'est l'avenir.



Je vous souhaite donc une bonne lecture équitable, écologique et ludique des épisodes de cet e-feuilleton : "Le Temps est doux, Ganyka" qui est un peu expérimental, avouons-le... Donc toutes vos remarques -même celles qui peuvent sembler à priori négatives- seront considérées par moi, l'auteur, comme positives !



Pour toute remarque ou pour me joindre : mistory@letempsestdoux.com

Les règles en vigueur sur ce blog sont celles de la cordialité et du respect des autres...

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lundi 22 juin 2009

Téléchargement gratuit Mode d'emploi

TÉLÉCHARGEMENT GRATUIT ?

Tous les épisodes du feuilleton équitable écologique interactif "Le temps est doux, Ganyka" sont proposés en téléchargement gratuit depuis le Centre de Téléchargement des Épisodes.

Vous pouvez télécharger le fichier correspondant à l'épisode de votre choix pour le lire ou le partager... où vous voulez, quand vous voulez et avec qui vous voulez !


Nous avons mis en téléchargement un grand nombre de formats de fichiers adaptés à la plupart des appareils nomades. Si un format manque dans la liste, merci de nous le signaler. Nous le mettrons en ligne dès que possible.

NOTE : pour changer le fil de l'histoire, vous devez voter à la fin de chaque épisode Connectez-vous au site et participez en glissant votre bulletin dans l'espace "BUREAU DE VOTE".


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Feuilleton équitable, écologique, interactif ?





Ce blog est consacré à la publication d'un feuilleton équitable, écologique et interactif en téléchargement gratuit, exactement comme pour un e-Book.

C'est un e-feuilleton publié par "Le temps est doux", une e-boutique et une marque de mode éthique qui édite des T-shirts Bio, Art T-shirts et T-shirts Livres.

En tant que créateur de T-shirts Livres, "Le temps est doux" a le plaisir de vous offrir la lecture de cet e-feuilleton équitable, écologique, interactif écrit EN DIRECT par un auteur selon les résultats de vos votes.

FEUILLETON ÉQUITABLE et ÉCOLOGIQUE ?
Ce feuilleton est équitable et écologique parce que l'intrigue de base est liée à la protection de la nature et aux grands enjeux économiques, sociaux et environnementaux que doivent relever les pays pauvres du Sud face aux pays riches du Nord.

Cette grande saga bio éthique équitable vous entraînera aux quatre coins de notre planète, dans un monde où le commerce éthique et le commerce équitable affrontent les partisans du profit à tout prix... un monde où les cultivateurs de coton en Afrique s'empoisonnent au contact des pesticides qu'ils utilisent chaque jour tandis qu'un village de paysans résistent en plantant du coton bio !... Un monde où les cultivateurs de coton indien se suicident, criblés de dettes... Un monde où les multinationales qui commercialisent le coton OGM sont prêtes à tout pour augmenter leurs gains et étendre leur pouvoir en allant jusqu'au bout de l'inimaginable !

FEUILLETON INTERACTIF ?
Une intrigue de base a été construite par l'auteur avec des personnages principaux et secondaires, des rebondissements.
Cet e-feuilleton est INTERACTIF parce que VOUS avez LE POUVOIR en tant que LECTEUR de VOTER à la fin de chaque épisode POUR CHANGER le cours de l'histoire...

COMMENT PARTICIPER ? COMMENT VOTER ?
A la fin de chaque épisode, l'auteur vous pose une question à laquelle vous répondez par "OUI" ou par "NON" en cliquant sur les boutons de l'espace "BUREAU DE VOTE".

C'est le résultat final de VOS VOTES qui décident de la suite de l'histoire que l'auteur doit écrire pour le prochain épisode...


RYTHME DE PUBLICATION ?
Les épisodes ont un rythme de publication évolutif : un épisode par mois, au début...
Les informations sur la publication des épisodes sont dans la Catégorie "Feuilleton équitable écologique : actualités". La Newsletter de "Le temps est doux" qui fournit des actualités sur les produits de l'e-boutique donne également toutes les actualités de l'e-feuilleton interactif.


Et maintenant, VOTEZ : rendez-vous sur "Le Temps est doux, Ganyka".




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dimanche 21 juin 2009

DÉDICACE


"Le Temps est doux, Ganyka" : le premier feuilleton équitable écologique interactif est dédié à tous les grands feuilletonnistes français du XIXe siècle et aux fondateurs d'un monde en partage sans frontières, le Wild World Web. Sans eux, ce nouveau mode de publication n'aurait jamais pu voir le jour !

"Le Temps est doux, Ganyka" est dédié à ses lecteurs... à vous tous qui lisez cet e-feuilleton et participez à cette e-aventure. Sans vous, les pionniers de la lecture Interactive... et de l'e-vote, ce nouveau mode de publication ne verra jamais vraiment... le grand jour !


Je dédie enfin ce feuilleton équitable et écologique à tous ceux qui oeuvrent en faveur du développement durable, dans le respect de la planète et des êtres vivants qui la peuplent. L'espèce  humaine y compris !

Je le dédie à tous ceux qui rêvent d'un monde plus éthique, à travers le commerce équitable ou éthique.

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